| ANALYSE PAR LASSOCIATION ADEA
DU RAPPORT DE MESURE DU STNA CONCERNANT LES PROPOSITIONS TECHNIQUES DE DAC Sud Avril 1999 Association de Défense de lEnvironnement dAussonne Siège : Chemin de lEnseigure, Cidex 3501, 31840 AUSSONNE _______________________________________________________________________________________ ____
PROPOSITIONS TECHNIQUES DE LAEROPORT Devant le mécontentement de la population toulousaine qui subit le bruit des avions, M. le Préfet et les responsables de laéroport de Toulouse Blagnac (DAC SUD) ont présenté un document comportant plusieurs propositions techniques destinées selon eux à diminuer la nuisance sonore subie par les riverains en augmentant la hauteur de survol au-dessus des zones urbanisées. Trois types de propositions techniques sont envisagés pour accroître les hauteurs de survol :
Figure 1 : situation géographique Les propositions de procédures pour la spécialisation des pistes sont :
Les propositions pour modifier les points de décollage et datterrissage sont :
Les propositions pour modifier les hauteurs dapproches sont :
Gain acoustique et coût de ces propositions Lensemble de ces dispositions nécessite des travaux (allongement de 700 m de la piste 1, création de taxiways, mise en place dun ILS à 3,5°) dont le coût financier est estimé à environ 90 MF H.T. Le gain acoustique théorique calculé par la DAC Sud est en moyenne de 3 dB(A) pour des accroissements de hauteurs denviron une centaine de mètres. RAPPORT DE LA CAMPAGNE DE MESURES DU STNA Propositions techniques et objectifs de la campagne de mesures Afin de valider les propositions DAC Sud, le Service Technique de la Navigation Aérienne (STNA) a réalisé une campagne de mesure de bruit aérien in situ entre le 9 octobre et le 17 décembre 1998 dont 5 jours sur le secteur Nord-Ouest dans la tranche horaire 16-20 heures. Rappelons que lobjectif prioritaire de la campagne était détudier expérimentalement les conséquences sonores des propositions techniques visant à diminuer limpact du bruit des avions au-dessus des zones urbanisées situées au sud-est de laéroport (Toulouse) plutôt que celles situées au nord-ouest (Cornebarrieu et Aussonne). Les objectifs affichés du rapport détude n°2 de février 99 étant :
On observe que sur ces 4 points, un seul concerne Aussonne, le point 2 cest à dire utilisation préférentielle de la piste 1 pour les atterrissages sur Aussonne en 15G avec le choix dune pente dapproche ILS à 3° ou à 3,5°. Méthode de validation des procédures Sur Aussonne, trois points de mesure ont été retenus (cf. figure 1) :
Le choix des points 14 et 15 devait permettre en sécartant du point de référence 13 de se placer dans les conditions de la proposition à létude.
En comparant les relevés effectués au point de référence avec ceux simulant les effets de la proposition à létude on en déduit laccroissement ou la réduction du niveau de bruit qui serait perçu au point de référence si la proposition était appliquée. ANALYSE DES RESULTATS DU RAPPORT Comparaison des niveaux de bruit minimal et maximal en fonction du lieu Relevé des niveaux de bruits instantanés sur 1 seconde lors des atterrissages sur Aussonne :
Ces relevés montrent une très large disparité dun avion à lautre et surtout des niveaux maximaux particulièrement élevés : 86,6 dB(A) en atterrissage à la hauteur de la balise VOR/DME à environ 5 km des pistes (cf. figure 2).
Figure 2 : niveaux sonores instantanés Comparaison du niveau de bruit entre appareils Le STNA a étudié, pour différents types dappareils, limpact de la spécialisation des pistes concernant les atterrissages sur Aussonne en 15G ; cest à dire sur la piste 1 avec la nouvelle procédure dapproche. Contrairement aux attentes de la DAC Sud, lorsquon applique la proposition technique dapproche de base avec un ILS à 3°, on observe une légère dégradation du niveau de bruit pour ce qui concerne les Airbus 320, les Boeings 737-200 et les Fokers 100, seul le Foker 28 fait apparaître un léger gain. En moyenne la dégradation est de 0,35 dB. Initialement, seul le côté Toulouse devait être doté dun ILS à 3,5° au lieu de 3°. Toutefois, devant les résultats décevants de la proposition technique côté Aussonne, la DAC Sud a rajouté le point de mesure n°15 pour simuler les effets dun relèvement identique à 3,5° de la pente de lILS côté Aussonne. Cette disposition supplémentaire dun relèvement de la pente ne compense pas la dégradation acoustique apportée par la procédure technique de la DAC Sud en ce qui concerne les Airbus 320 qui constituent pourtant une partie importante de la flotte commerciale. Résultats globaux en atterrissage 15G (piste 1 sur Aussonne) A partir des 110 mesures effectuées sur la commune dAussonne il résulte que la nouvelle procédure dapproche apportera au point 13 (Clos Languedocien) définit précédemment :
Cette dernière réduction du niveau de bruit, bien que très faible serait toujours bonne à prendre si elle ne devait être neutralisée ou aggravée par laccroissement de trafic qui sera induit par la mise en uvre des propositions techniques de la DAC Sud. Lallongement des pistes les taxiways et la spécialisation des pistes permettront d'intensifier fortement les cadences et les nuisances sonores associées. De plus, ces simulations expérimentales ne valent que pour le point 13 dans laxe des pistes ; elles ne prennent pas en compte la dégradation latérale de 300 m vers le bourg quinduit lutilisation préférentielle de la piste 1 pour les atterrissages sur Aussonne. Quelques résultats de mesures atypiques Dun point de vue pratique certains résultats présentés par le STNA ne laissent pas de surprendre :
Ces résultats atypiques prouvent dabord que les résultats de mesure présentés dans le document du STNA doivent être considérés avec beaucoup de réserves et peuvent difficilement être retenus pour valider les propositions techniques de la DAC Sud. En second lieu ils prouvent ce qui était apparu lors de lenquête gêne sonore sur Aussonne réalisée par lAdea en mars 1998, à savoir ; une dispersion importante des trajectoires tant dans les plans horizontal et vertical. Cette dispersion des trajectoires vérifiée ici pour les phases dapproches est encore plus marquée dans les phases de décollage sur Aussonne malheureusement ignorées dans le document du STNA. Plus que la mise en cause de la qualité des mesures acoustiques réalisées par le STNA, cest probablement la dispersion des trajectoires qui conjuguée avec les réflexions et atténuations des ondes sonores liées à lenvironnement géographique du point de mesure qui peuvent expliquer ces résultats de mesures inattendus. Critiques et carences de la démarche Bien que les capteurs de mesure aient été positionnés dans des champs herbeux, ce qui réduit considérablement les réflexions au sol et minimise le niveau sonore, il aurait cependant été intéressant de comparer celui-ci avec les évaluations théoriques servant à la détermination des Plans de Gêne Sonore et dExposition au Bruit. La validation des propositions mêle deux démarches : mesures et simulation. Or la simulation des écarts des trajectoires sur le plan vertical et horizontal par des mesures en des points éloignés les uns des autres denviron 1 km na de sens que dans un environnement acoustique identique ; le relief et la végétation proche du point de mesure modifiant les résonances acoustiques. A lévidence, les points de mesure 13, 14 et 15 dAussonne ne présentent pas les mêmes caractéristiques environnementales et paysagères, ce qui limite considérablement les possibilités de transposition réalisées par le STNA. Les mesures sont référencées au point 13 grossièrement positionné dans laxe des pistes. Or aucune étude expérimentale ne permet dévaluer limpact sonore latéral à la hauteur du bourg. Le gain en hauteur de 60 m obtenu en imposant la piste 1 pour les atterrissages en 15G sur Aussonne ne compense certainement pas laccroissement latéral de lempreinte sonore au sol liée au décalage de 300 m avec la piste 2. Aucune mesure na été faite concernant les décollages piste 1 en 33D sur Aussonne alors quune des proposition techniques du document de la DAC Sud porte sur lutilisation préférentielle de la piste 1 pour les décollages des vols commerciaux face au nord-ouest. La forte dégradation sonore liée au choix préférentiel de décoller au nord-ouest sur la piste 1 rapproche la trajectoire de 300 m en direction du bourg. Les décollages piste 1 sur Aussonne sont ceux qui produisent la plus lourde gêne sonore sur toute la commune en raison notamment du virage à droite amorcé immédiatement après décollage. On regrettera que les propositions présentées par lAdea pour les décollages côté Aussonne naient pas été étudiées lors de cette campagne ; cela semble témoigner dune volonté à ne pas vouloir réellement prendre en compte les problèmes de nuisance subis par les riverains du Nord-Ouest. Bien que la méthode de validation des propositions techniques manque de rigueur et conduise à quelques étranges résultats qui limitent son exploitation, les conclusions du rapport du STNA prouvent linefficacité des propositions techniques tant pour le sud-est (Toulouse) que pour le nord-ouest de laéroport. Létude initiale prévoyait un gain acoustique de 3 dB(A) pour un investissement de 90 MF H.T. là où les mesures/simulations malgré leurs imperfections indiquent 1 dB environ. Ce dB risque de coûter cher au contribuable. De toutes ces laborieuses combinaisons de mesures/simulations pour valider des propositions techniques insignifiantes quant à la réelle réduction du bruit sur Toulouse mais déterminante pour favoriser laccroissement du trafic aérien de laéroport Toulouse Blagnac (allongement et spécialisation des pistes, taxiway) il ne ressort rien de positif pour Aussonne qui supporte pourtant 67 % du trafic total de laéroport. La spécialisation des pistes est défavorable à Aussonne, car cest toujours la piste 1 la plus proche de la commune qui est préférée. Par vent sud-est on atterrit en 15G (piste 1 sur Aussonne), par vent nord-ouest on décolle en 33D (piste 1 sur Aussonne). Ce que lon pourrait éventuellement gagner sur le plan vertical en augmentant les hauteurs de 70 m au décollage et 60 m à latterrissage est largement perdu sur le plan latéral avec les 300 m de décalage des pistes en direction dAussonne. Les calculs théoriques de la DAC Sud ne sont pas validés par les mesures du STNA. Lorsquils prévoyaient 2 à 7 dB de gain en atterrissage piste 1 en 15D sur Aussonne avec un ILS à 3° les mesures, contre toute attente, donnent non plus un gain mais une perte de 0,35 dB. Pour obvier à ce résultat médiocre la pente de lILS a été relevée au nord-ouest de 0,5°, (comme au sud-est), pour obtenir un gain dérisoire de 1,33 dB. Plus grave est cependant, labsence de toute validation concernant la proposition de la DAC Sud favorisant les décollages piste 1 en 33D sur Aussonne. Cette mesure étant la plus pénalisante pour Aussonne, il est probable que la DAC Sud na pas pris le risque de la chiffrer. Ce rapport donne à penser que lensemble des propositions techniques présentées par les autorités aéroportuaires vise, sous couvert denvironnement, à favoriser laugmentation du trafic de laéroport de Toulouse Blagnac. Il serait préférable de réserver ces investissements pour la création dun second aéroport. Nous désapprouvons ces propositions techniques pénalisantes pour Aussonne et demandons :
AUSSONNE le 20 avril 1999 |