l'aéroport
de Toulouse-Blagnac
I - L'AEROPORT DE TOULOUSE-BLAGNAC
1 - IMPACT ET
SITUATION GEOGRAPHIQUE
La vocation aéronautique de Toulouse et le développement de son
économie impliquent de disposer d'un aéroport performant doté d'une large capacité
d'accueil. Or, aujourd'hui, l'aéroport international de Toulouse-Blagnac, partagé entre
les vols commerciaux et les vols d'essais des constructeurs aéronautiques, est à la
limite de l'asphyxie.
Avec près de 5 millions de passagers, l'aéroport de Toulouse-Blagnac
est le quatrième aéroport français (hors Paris). Il est situé en zone urbaine au
nord-ouest de la ville. Les principales communes concernées par les nuisances sonores
liées à son activité sont : Aussonne, Blagnac, Colomiers, Cornebarrieu Toulouse et
Tournefeuille.
C'est la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Toulouse qui assure
la gestion de l'aéroport.
3 - LES
PISTES
L'aéroport comprend deux pistes parallèles utilisées en doublet,
distantes de 300 m et orientées selon un axe sud-est/nord-ouest (146°-326°). Elles sont
décalées de 700 m au sud-est et 1200 m au nord-ouest.
La piste 1 ou 33 Right/15
Left (33R/15L), plus ancienne, est longue de 3000 m, elle ne dispose pas encore de
l'ILS mais il est prévu de len équiper prochainement (coût 5 MF). Une étude
a été engagée par la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Toulouse pour allonger
cette piste de 700 m du côté nord-ouest. Ainsi le doublet de pistes se comporterait
comme une seule piste. Le coût de cette opération est estimé à 25 MF.
La piste 2 ou 33 Left/15
Right appelée piste Concorde est longue 3500 m, elle permet un atterrissage tout
temps car elle dispose de l'ILS.
De façon générale, c'est la piste 1 qui est la plus utilisée pour
l'activité commerciale et l'activité d'affaire (70 % le jour et 100 % la
nuit). Quant à la piste 2, elle dessert 90 % de l'activité d'essai.
Une voie de circulation menant de laéroport à la piste Concorde
est prévue (coût de la bretelle 31 MF)
II - LE TRAFIC DE L'AEROPORT TOULOUSE-BLAGNAC
1 - EVOLUTION
DU TRAFIC DEPUIS 1988
Après une stagnation du trafic entre 1988 et 1994 à environ
70 000 mouvements annuels, on assiste depuis 1995 à une forte évolution de celui-ci
puisqu'on enregistrait 95 000 mouvements pour l'année 1997 avec près de 5 millions
de passagers.
Plusieurs raisons sont à l'origine de cette évolution :
1. la libéralisation des transports aériens en 1995,
a permis l'ouverture à la concurrence de la ligne Toulouse-Paris, notamment à la
compagnie Air Liberté avec en réaction la mise en place de la navette d'Air France
Europe fin octobre 1996 qui, les jours de pointe, peut atteindre 38 aller-retour,
2. le développement des lignes internationales et
des vols charter,
3. l'exploitation de nouvelles lignes comme celle de
Rome par Alitalia.
Globalement on constate 25 000 mouvements supplémentaires en 3 ans ce
qui correspond à un accroissement de 36% du trafic total, soit 12% par an en moyenne. A
ce rythme, la saturation de la plate-forme (140 000 mouvements) sera atteinte en 2002.

Ü Jusqu'à la libéralisation des
transports aériens en 1995, Air Inter réalisait ses vols sur Paris avec des gros
porteurs comme le A 330 d'une contenance d'environ 400 passagers. Depuis la
libéralisation, la compagnie qui a augmenté ses fréquences de vol fait désormais appel
à des A 319 d'une contenance de 150 places.
De plus, pour réduire leurs coûts d'exploitation, certaines
compagnies emploient des modèles anciens particulièrement bruyants.
2 -
REPARTITION DU TRAFIC DANS LA SEMAINE
Comme le montre l'histogramme ci-dessous, le trafic journalier est en
moyenne le suivant: · du lundi au mercredi avec 200 à 230
mouvements par jour,
· du jeudi au vendredi avec 240 à 250
mouvements par jour,
· le samedi et le dimanche avec 130
mouvements par jour.

Cela fait plus de 100 décollages et 100 atterrissages par jour
pour la seule aviation commerciale avec des pointes le jeudi et surtout le vendredi.
Durant le week-end le trafic est quasiment réduit de moitié.
3 -
REPARTITION DU TRAFIC DANS LA JOURNEE
La courbe ci-dessous montre la répartition moyenne des mouvements dans
une journée. Ces valeurs correspondent au trafic enregistré en octobre et novembre 1997.
3.1 Les vols de jours
Pour les vols de jour de 6 h à 22 h, les deux tranches de très
forte activité sont :
de 7 h à 12 h avec environ
90 mouvements,
de 16 h à 20 h avec environ
80 mouvements.
3.2 Les vols
de nuit
3.2.1
Evaluation du trafic nocturne
Pour les vols de nuit compris entre 22 h et 6 h, les deux tranches
de forte activité sont :
de 22 h à 23 h 30 avec
environ 11 mouvements,
de 5 h à 6 h avec environ 6
mouvements.
On observe cependant une très forte activité dans l'heure qui
précède et celle qui suit cette plage nocturne. Dans les tranches 21-22 h et
6-7 h ce n'est pas moins de 25 mouvements qui sont enregistrés, soit 25 % de
plus que l'ensemble du trafic nocturne estimé à une vingtaine de mouvements par jour en
moyenne (13 arrivées et 7 départs).
Les vols de nuit sont presque essentiellement constitués de vols
charter et de l'Aéropostale. Pour transporter le courrier vers la capitale, la Poste
utilise un Boeing 737, de la toute première génération, particulièrement bruyant.
3.2.2 La
procédure de contre QFU utilisée du côté nord-ouest
Les données chiffrées qui accompagnent le PGS 98 à la page
4, indiquent que 70 % des décollages et 70 % des atterrissages nocturnes ont
lieu sur la piste 1 du côté nord-ouest de la plate-forme; c'est à dire à Aussonne.
Bien que cela ne soit pas formellement explicité dans le PGS 98, ces chiffres impliquent
la mise en oeuvre d'une procédure de contre QFU sur la piste 1, c'est à dire une
utilisation simultanée de la piste dans les deux sens.
En QFU normal l'avion atterrit d'un côté de la piste et décolle de
l'autre. En contre QFU le décollage et l'atterrissage ont lieu du même côté de la
piste. Naturellement une telle procédure n'est possible que lorsque le trafic à gérer
ne compte qu'un nombre restreint de mouvements.
Comme l'indique l'extrait ci-dessous d'une lettre provenant de la
préfecture, cette procédure de contre QFU a été mise en place pour que les vols de
nuit aient lieu sur Aussonne afin d'épargner Toulouse :
"Toutefois, de nuit, dans toute la mesure du possible, il
est demandé aux pilotes d'atterrir face au sud et de décoller face au nord de façon à
épargner l'agglomération toulousaine.
La densité du trafic diurne ne permet pas d'envisager la mise en
oeuvre de cette procédure dite de "contre QFU" pendant la journée."
Ü La
gêne ressentie sur Aussonne par les vols de nuit est très forte. Et cela s'explique
assez bien dès lors que la quasi-totalité du trafic nocturne s'effectue côté
nord-ouest...
3.2.3
L'interdiction des vols de nuit
La vocation internationale de l'aéroport rend selon Monsieur le
Préfet, difficile l'interdiction absolue de tous les vols de nuit. Il est cependant
possible d'engager une procédure interdisant les vols de nuit pour les avions bruyants du
chapitre II. Toutefois cette démarche qui concerne essentiellement la compagnie locale
Air Toulouse, risque de retentir sur son économie. Cette interdiction devrait alors
faire l'objet d'un arrêté ministériel pris après accord des élus locaux.
Les riverains au travers de leurs instances représentatives demandent
la suppression des avions bruyants la nuit.
La Mairie de Toulouse demande la suspension du survol
des avions du chapitre 2 à partir de 22 h jusqu'à 6 h. (cf. Délibération du
Conseil Municipal de Toulouse - Séance du 31 octobre 97).
Le Collectif des associations soumises aux nuisances
aériennes, regroupant 18 associations de Toulouse et des communes environnantes, demande
à Monsieur le Préfet la suppression anticipée et définitive des avions du chapitre
2. (cf conférence de presse du 10 mars 1998 salle du Sénéchal à Toulouse).
Afin de permettre à la compagnie locale Air Toulouse, employant
197 personnes, de prendre ses dispositions, lAdea demande un retrait des avions
bruyants en deux étapes.
1 - Interdiction immédiate aux avions de chapitre 2
de voler la nuit entre 21 h et 7 h du. Compte tenu des plages de très forte
activité enregistrée entre 21-22 h et 6-7 h il convient d'étendre
l'interdiction des avions bruyants au-delà des horaires standard de nuit
22 h - 6 h.
2 - Extension rapide, sans attendre 2002, de cette
interdiction aux vols de jour
A noter que les avions bruyants sont interdits sur dautres
aéroports internationaux.
Finalement, à linstar de laéroport de Roissy, Monsieur le
Préfet a annoncé lors de la réunion du 25.05.98 une interdiction de décollage et
datterrissage de nuit des avions chapitres II en deux phases:
en octobre 98: interdiction datterrissage de
0 h 15 à 5 h 15
interdiction de décollage de 0 h à 5 h
en mars 99: interdiction datterrissage de
23 h 30 à 6 h 15
interdiction de décollage de 23 h 15 à 6 h
Cette mesure saccorde assez bien avec les demandes formulées
par lAdea concernant les avions de chapitres II. Il serait toutefois souhaitable que
ces plages horaires soient étendues de 21 h à 7 h.
4 -
REPARTITION DU TRAFIC PAR TYPE D'ACTIVITE
4.1
Répartition du trafic depuis 1988
· Le trafic commercial régulier -
passagers, cargos, mixtes et postaux - occupe avec ses 70 000 mouvements annuels
près de 75% du trafic total. Il a quasiment doublé depuis 3 ans !
· Le trafic non commercial qui comprend
les vols d'essai constructeurs, l'aviation d'affaire et légère, et l'aviation militaire,
est en légère diminution; il n'occupe que 25% du trafic total.
4.2 Répartition détaillée du trafic estimé pour 1988
Le trafic total estimé à l'échéance 1998 est de 102 000
mouvements répartis comme suit :
NATURE DE L'ACTIVITE |
NOMBRE DEMOUVEMENTS |
% DU TRAFIC TOTAL |
NOMBRE DE JOURS |
| Aviation commerciale -passagers, cargos, mixtes, postaux |
76000 |
74,5 % |
365 |
| Vols - essais, réception, entraînements... |
11000 |
10,8 % |
250 |
| Aviation d'affaires |
8000 |
7,8 % |
260 |
| Aviation légère |
5000 |
4,9 % |
365 |
| Aviation militaire |
2000 |
2 % |
260 |
C'est sur cette prévision de trafic qu'a été établie la révision
du Plan de Gêne Sonore 1998.
4.3 Les vols
d'essai et d'entraînement
Les vols d'essai et d'entraînement (10 à
12 000 mouvements par an), correspondent à 11 % du trafic total. Ils se
déroulent en deux circuits :
1 - un circuit court, utilisé pour les essais de
certification comportant des phases de décollage et d'atterrissage,
2 - un circuit long, utilisé pour d'autres phases
d'essai en vol, comme notamment la prise en main des avions par les équipages des
compagnies clientes. Ce dernier circuit étant plus large et plus haut que le précédent.
Compte tenu de sa proximité avec les installations industrielles et
l'existence d'un système de télémesure, c'est la piste Concorde qui est surtout
utilisée pour les vols liés à la construction aéronautique. Les périodes et
plages d'activité d'essai se répartissent comme suit :
· pas d'essai le dimanche sauf dérogation
et très peu le samedi; lorsque rarement, ils ont lieu le dimanche, la population en est
informée par la presse locale,
· en semaine les essais ont lieu entre
7 h et 20 h les créneaux les plus utilisés étant 9/10 h et 15/16 h.
Les vols d'essais ne concernent pas seulement l'Aérospatiale, ils
concernent aussi d'autres compagnies auxquels s'ajoutent les entraînements liés à des
ventes d'aéronef (environ 1 500 mouvements par an). Il semblerait cependant que
l'activité constructeur tende aujourd'hui vers un seuil de plafonnement grâce notamment
au développement des simulateurs de vol.
Ü Les
nuisances liées à l'activité des vols d'essai et d'entraînement à proximité de
l'aéroport ne peuvent être quantifiées uniquement sur la base du nombre de mouvements
opérés. En effet, les tests d'appareils impliquent un certain nombre de rotations, de
vols à basse altitude et de manoeuvres extrêmes en l'air qui se traduisent par une
nuisance sonore accrue par rapport à un simple décollage ou atterrissage. A cela,
s'ajoutent le bruit strident des essais moteurs effectués sans relâche pendant des
heures, en bout de piste, avec pour seule protection un petit talus.
Le nombre de mouvements recensés pour l'activité constructeur
n'est donc pas représentatif de la gêne réellement ressentie. On peut d'ailleurs se
demander comment cette activité a été quantifiée dans l'élaboration du Plan de gêne
sonore. Les essais moteurs et les manoeuvres aériennes propres à cette activité ont-ils
été inclus dans les hypothèses de calcul ? Aux problème des nuisances sonores
spécifiques à l'activité constructeur s'ajoute celui de la sécurité. En raison d'une
circulation aérienne quasiment saturée, et du risque élevé de crash lié à cette
activité, la sécurité des riverains de l'aéroport est de l'avis de beaucoup quelque
peu compromise.
III - CLASSEMENT DES AERONEFS
EN FONCTION DU BRUIT
1
Certification acoustique
La certification acoustique permet de décider quun avion a
le droit de voler. Elle permet aussi de classer plus finement les avions par catégorie
acoustique pour moduler la taxe datterrissage en fonction du bruit des aéronefs ou
encore pour décider un couvre-feu sélectif comme à laéroport Charles de Gaulle.
La procédure de certification acoustique se fait selon
trois points de mesure:
en approche, la mesure est effectuée en un point situé à 2000 m du
seuil de piste sous l'axe,
au décollage, le point de mesure est à 6500 m du lâcher des freins
c'est à dire à environ 3000 m du seuil d'une piste de 3500 m,
il y a un autre point en côté à 450 m. de l'axe.
Les mesures sont réalisées par les services des Etats membres de
l'O.A.C.I., par exemple, la FAA pour les Etats-Unis, ou la DGAC pour
la France. Un contrôle mutuel permet de garantir la sincérité des résultats obtenus.
En chacun de ces trois points, le bruit mesuré ne doit pas excéder un seuil qui dépend
de la masse de l'avion.
2 Classement
en catégories et chapitres
2.1 Droit français et international
En droit français, les aéronefs sont classés selon un groupe
acoustique allant de 1 à 5. En droit international, ils sont désormais
classés selon trois grandes catégories ou chapitres de l'OACI. Le tableau suivant
récapitule la classification acoustique nationale et internationale des aéronefs et les
principaux appareils concernés.
Classification
Internationale |
Classification
Nationale |
Appareils |
non certifiés |
Groupe 1 |
Retirés d'exploitation en 1989 |
Chapitre 2 |
Groupes 2 et 3 |
Boeing 707, 727, 737 100 et 200
Mac Donnel Douglas DC8, DC9, DC10, MD80, MD83
Fokker 27, 28
Bac 111 |
Chapitre 3 |
Groupes 4 et 5 |
Tous Airbus
Tous Falcon
Boeing 737 300 à 500, 747, 757, 767
MD 80, Fokker 100 |
2.2 Chapitre I
Ces avions, du groupe acoustique 1 appartiennent à la catégorie
des avions très bruyants non certifiés sur le plan acoustique. Autour de 10% au début
des années 80, ils ont été retirés d'exploitation depuis 1989.
2.3 Chapitre II
Ces avions des groupes acoustiques 2 et 3 certifiés avant le
26.10.77 sont assez bruyants. Dotés de réacteurs simple flux d'ancienne génération,
ces avions répondent à des normes moins contraignantes que celles en vigueur
aujourd'hui.
Ils représentent environ 15 % à Toulouse-Blagnac (et moins de
10 % à Charles de Gaulle) des avions commerciaux et sont exploités entre autres par
les compagnies suivantes :
· Air Toulouse (6 Boeing 737-200 + 1 en
été et 1 Falcon 50),
· Aéropostale ( Boeing 737),
· Air Liberté (Mac Donnel Douglas
MD 83),
· Air Algérie (Fokker 27),
· Une société d'Outre-Manche qui utilise
régulièrement le BAC 111.
L'exploitation de ces avions bruyants pénalise l'ensemble de la
flotte.
2.4 Chapitre III
Ces avions correspondent aux groupes acoustiques 4 et 5. Le groupe
4 correspond aux avions les meilleurs du chapitre II, respectant presque les normes du
chapitre III, tandis que le groupe 5 correspond aux avions respectant nettement les normes
du chapitre III. Ils sont dotés de réacteurs à fort taux de dilution qui les rendent
moins bruyants, c'est le cas des Airbus. En 1994, ils représentaient 84% de la flotte.
3 Retrait des
avions Chapitre II
Le 1er avril 2002 les avions à réaction les plus bruyants dits
"avion chapitre II" seront définitivement retirés de circulation. Il s'agit
là d'une directive internationale transposée dans le droit français. Depuis le 1er
avril 1995, les avions de plus de 25 ans sont retirés des flottes. C'est la DTA
(Direction des Transports Aériens) qui contrôle le retrait de ces avions bruyants. Ils
sont déjà frappés dinterdiction sur certains terrains mais pas sur
laéroport de Toulouse-Blagnac.
4 Demande de
création dun nouveau Chapitre
Aéroports de Paris, milite pour la création dun nouveau
chapitre de certification avec des normes abaissées de 4 dB et la création
dun groupe acoustique 6 comme équivalent français.
5
Caractérisation des sources de bruit
Les sources de bruit aéronautique sont le bruit des moteurs et le
bruit aérodynamique.
5.1 Le
bruit des moteurs
Un turboréacteur c'est une entrée d'air et une sortie d'air plus
rapide. Imaginons un ballon qu'on lâche après l'avoir gonflé, mais avec un
renouvellement d'air constant. L'air entrant est comprimé, puis par combustion, sa
pression, donc sa force d'expansion volumique, est augmentée dans des proportions
importantes. Cette surpression provoque l'échappement des gaz vers l'arrière à vitesse
élevée (le jet) et donc l'effet de propulsion, mais aussi l'entraînement au passage
d'une turbine. C'est cette turbine qui actionne l'étage des compresseurs.
Le jet à vitesse élevée et à haute température va trouer l'air
ambiant. La différence de vitesse et de température entre le jet et l'air ambiant
provoque des cisaillements importants, des déchirements. C'est le bruit de jet des
subsoniques de première génération, avec les craquements caractéristiques, à forte
directivité vers l'arrière.
Dans les années 60, les motoristes améliorent les performances des
moteurs en augmentant le diamètre du jet, car la poussée croît avec le carré de ce
diamètre. Ils ont donc l'idée d'admettre un flux d'air entrant plus important, dont
seule la partie centrale passe dans le réacteur proprement dit et forme le flux primaire.
Le flux secondaire est seulement accéléré mécaniquement par une soufflante située à
l'avant de la nacelle. Il n'a donc ni la vitesse ni la température du flux primaire, et
forme comme une gaine protectrice vis à vis de l'air ambiant. Cela atténue beaucoup les
cisaillements et donc le bruit.
Dans les moteurs modernes, le concept du double flux est poussé plus
loin. On augmente le taux de dilution, rapport entre le flux secondaire et le flux
primaire, en augmentant le diamètre de la nacelle, de la soufflante. C'est pourquoi les
moteurs sont d'autant plus silencieux qu'ils sont plus gros, le paradoxe n'étant
qu'apparent. On parvient aujourd'hui à des taux de dilution de 4 ou 5, voire 10.
Dans ces moteurs, le bruit dominant n'est plus celui du jet. On entend
désormais les bruits internes du moteur, jadis masqués par le bruit de jet: la
soufflante d'entrée, les compresseurs, la turbine arrière. Mais globalement, cela
se traduit par une nette diminution des nuisances.
En résumé, l'emploi de turbo-réacteur de type double flux
augmente le rendement de propulsion, diminue la consommation spécifique et produit moins
de bruit. Un avion doté de cette technologie est aujourd'hui plus silencieux de
10 à 20 dB(A) qu'il y a 20 ans.
Le tableau suivant présente quelques uns des principaux appareils qui
en sont équipés
Constructeur |
Type |
Appareils |
SNECMA |
CFM 56 |
Boeing B737-300-400-500 |
SNECMA |
CFM 56 |
Airbus A 320, A 321, A 340 |
SNECMA |
CF6 |
Airbus A300-600, A310-200-300, A330
Boeing B747-300-400, B767-200-300
MD11 |
5.2 Le
bruit aérodynamique
Un avion n'est pas parfaitement lisse, en particulier en approche,
lorsque le pilote sort les atterrisseurs et les volets qui permettent d'augmenter la
portance à faible vitesse. Tout passager a pu observer l'augmentation du bruit en cabine
à l'instant de la sortie des volets.
Lors de l'apparition des jets pour l'aviation civile, à la fin des
années cinquante, le bruit des moteurs (du jet) était dominant dans toutes les phases de
vol. Avec les améliorations de la motorisation et l'augmentation des masses des avions,
le bruit aérodynamique peut devenir dominant en approche, lorsque le régime des moteurs
est réduit.
Imaginons un planeur de la taille d'un Boeing 747. Le seul bruit
aérodynamique perçu au sol peut dépasser 75 dB lorsque l'avion est à une altitude
d'une centaine de mètres. Ce niveau constitue en quelque sorte une limite asymptotique
aux progrès que peuvent faire les motoristes, du moins pour le bruit en
approche. C'est désormais le bruit aérodynamique qui limite le progrès dans
cette configuration.
6 La
perception du bruit au sol
6.1 Le bruit
au décollage et à latterrissage
L'intensité du bruit perçu au sol dépend bien sûr non seulement
de l'intensité du bruit émis par l'avion, mais aussi de la distance de l'observateur. Il
faut avoir présent à l'esprit qu'en approche, un avion est assez bas, puisque son plan
de descente fait un angle de 3°, soit 5.24% avec l'horizontale. Mais le régime moteur,
donc le bruit à la source, est faible. En revanche, au décollage, le moteur est au
régime maximum, mais l'angle de montée, qui dépend de sa motorisation et de son poids,
est supérieur: de 5.5% pour un gros-porteur en étape très long courrier jusqu'à 18%
pour un bimoteur peu chargé.
Il est d'ailleurs à noter qu'un bimoteur est surmotorisé de 100%
puisqu'il doit pouvoir décoller avec un réacteur en panne. Cela lui donne une réserve
de puissance qui explique ses bonnes performances acoustiques.
Pour un observateur très près de la piste, le bruit dominant est
celui des décollages. Mais quand on s'éloigne dans l'axe de la piste, les avions au
décollage s'élèvent rapidement et c'est le bruit des approches qui prédomine.
6.2 Les
facteurs de sol et météorologiques
D'autres facteurs doivent être pris en compte.Tout d'abord ce que
l'on appelle les effets de sol, c'est à dire les réflexions de l'onde sonore plus ou
moins prononcées en fonction de la rigidité du sol. Le bruit perçu par un riverain sera
plus fort dans la rue que dans un jardin.
Ensuite les conditions météorologiques. L'humidité de l'air absorbe
le bruit. Les gradients de températures eux-mêmes ont de l'importance. On estime
que pour un même avion volant à 1 000 m. de hauteur, les écarts de niveaux du bruit
perçu peuvent être de l'ordre de 5 dB. Le vent dévie les rayons sonores: son
effet est surtout sensible lorsque l'avion est très près du sol.
Ainsi, pour un même trafic, il est des jours où l'on entend plus les
avions. La variabilité de ces paramètres est l'une des difficultés de la
représentation de la gêne à travers des documents conventionnels comme les Plans de
Gêne Sonore, pour ne pas parler des Plans d'Exposition au Bruit, qui nécessitent
d'adopter des conditions météorologiques standard, normales au sens des météorologues.
Les procédures d'atterrissage n'ont pas fait l'objet d'une révision
en 1996.
Seule la piste 2 ou Concorde est équipée du système d'atterrissage
automatique ILS. La piste 1 quand à elle ne dispose que du système VOR-DME qui permet
moins de précision pour s'aligner dans l'axe de la piste.
Lors d'un atterrissage ILS, les dispersions sur le plan vertical
semblent difficiles à évaluer. M. le Directeur de l'Aviation Civile Sud indique "qu'il
n'est pas possible de les mesurer précisément. Elles peuvent cependant être estimées
à une cinquantaine de mètres pour les approches ILS, la précision étant moindre en
l'absence d'ILS"
Pour ce qui concerne les nuisances sonores générées par les
aéronefs en phase d'atterrissage, il convient toutefois de préciser que le bruit émis
dépend pour 60% de son moteur et 40% pour sa traînée (train atterrissage, volets).
IV - CONTRÔLE ET SANCTIONS BRUIT
1 -
SURVEILLANCE AUTOMATIQUE SONATE
Le système SONATE - Suivi Opérationnel des Nuisances des Avions et de
leurs Trajectoires pour l'Environnement - a été mis au point par Aéroports de Paris
avec le concours de la DGAC. Il enregistre les trajectoires suivies par les avions ainsi
que le bruit mesuré correspondant au sol. Il permet de suivre sur écran avec un fond de
carte Michelin stylisé tous les cheminements empruntés par les aéronefs dans la
région. Il facilite l'étude des procédures à moindre bruit en fournissant une
corrélation statistique entre niveaux de bruit et trajectoires. De plus il détecte les
déviations éventuelles par rapport à ces procédures.
2 - CAPTEURS
DE CONTROLE AU SOL
La DGAC étudie un système automatique de mesure des bruits utilisant
8 capteurs phoniques placés en des points caractéristiques mais pas obligatoirement sous
les axes. La rédaction du cahier des charges est pratiquement terminée et l'appel
d'offre auprès des constructeurs ne devrait plus tarder. Coût estimé de l'opération :
3 MF. Ce moyen de contrôle devrait être opérationnel dans deux ans: la trajectographie
devrait être acquise en test opérationnel fin 1998 et le système complet fin 1999
3 - SANCTIONS
En l'absence des textes d'application, le décret sanction bruit qui
est paru ne peut pas être actuellement mis en oeuvre. Pour constituer ces textes, une
commission est prévue pour 1998-1999.
Ü S'il n'y
a pas de réel système de contrôle des procédures et si les contrôleurs autorisent les
pilotes à déroger aux procédures qui dans ces conditions pourraient appliquer des
sanctions ?
L'aéroport d'Orly n'applique t-il pas des pénalités allant jusqu'à
25 000 F à l'encontre des pilotes qui ne respectent pas les procédures ?
V - POLLUTION ATMOSPHERIQUE
1 - POLLUTION
ATMOSPHERIQUE
Dans un réacteur, la combustion produit des résidus potentiellement
dangereux pour latmosphère, principalement des oxydes dazote (NO2 et NO que
lon rassemble sous le terme NOx).
Globalement la pollution atmosphérique due à l'activité
aéronautique est faible. On l'évalue à moins de 2% de l'ensemble des émissions nocives
produites par le trafic routier, les rejets industriels et ménagers, les centrales
thermiques etc.
Toutefois, on observe une pollution plus élevée durant les phases
de décollage et de montée, avec notamment une émission maximale d'oxydes d'azote (NOx).
Les riverains des aéroports, soumis au décollage incessant des avions sont directement
exposés à cette pollution. Il reste encore à évaluer précisément les effet des
émissions de ces oxydes d'azote sur la couche d'ozone.
La réduction constante de la consommation des avions réduit d'autant
la pollution atmosphérique. Un Airbus 320 consomme moitié moins par passager
transporté, qu'un avion des années 70 et les constructeurs prévoient pour la prochaine
décennie une réduction supplémentaire de 30 à 40%. Le nouveau moteur CFM 56 à double
chambre de combustion mis au point par Snecma et General Electric permet une réduction de
30% des émissions d'oxyde d'azote par rapport à la version simple chambre. Cette
réduction suffira-t-elle devant laccroissement du trafic aérien? Nul
nest aujourdhui en mesure de répondre à cette question... Un gros travail de
physique de latmosphère est encore à fournir avant que la communauté scientifique
ne saccorde sur les mécanismes de formation et destruction de lozone
stratosphérique.
Pour le contrôle de la pollution atmosphérique autour des aéroports,
la DGAC dispose d'un camion laboratoire.
VI - EVOLUTIONS FUTURES DE L'AEROPORT
1 -
IMPLANTATIONS NOUVELLES
1.1 Air
France Industrie
Air France Industrie (AFI), dont le centre de révision trop à
létroit à Toulouse-Montaudran envisage d'ici deux ans de s'implanter à proximité
de la plate-forme aéroportuaire de Toulouse-Blagnac, entre Pinot et laéroport sur
la nouvelle zone dactivité Pégase de Blanac-Constellation. Etudes et négociations
sont en cours en partenariat avec le District. Dans ce nouveau contexte il semblerait
qu'AFI ait l'intention de développer ses activités sur les gros porteurs.
Ü Attention, les essais de test
moteurs au sol sur gros porteurs sont particulièrement bruyants.
1.2 Air
Littoral
L'aéroport de Toulouse-Blagnac est, avec celui de Bordeaux-Mérignac,
sur les rangs pour signer un contrat de correspondance aérienne de type "hub"
avec Air Littoral. Si Toulouse remporte le marché, cela se traduira par un
demi-million de passagers supplémentaires qui seront en transit sur la plate-forme
avant d'être acheminés vers des destinations espagnoles.
1.3 Musée de
l'Aéronautique
Afin de permettre le convoyage direct des gros porteurs, la création
d'un Musée de l'Aéronautique est prévue à proximité de l'aéroport dans une zone de
Blagnac-Constellation. A priori, cette implantation, bénéfique pour l'économie locale,
ne devrait pas générer de nuisances.
2 -
SATURATION DE LA PLATE-FORME
Le PEB en cours de révision est établi sur le trafic de référence
ultime suivant qui correspond à la saturation de la plate-forme :
· 110 000 mouvements commerciaux
· 25 000 mouvements liés à la
construction aéronautique
· 5 000 mouvements d'avion d'affaire
Ce trafic ultime de 140 000 mouvements correspond à la capacité
officielle du doublet de pistes tel qu'il existe aujourd'hui. Toutefois selon certains,
dont le PDG dAir Toulouse, la plate-forme pourrait supporter plus de 200 000
mouvements.
Bien qu'officiellement aucune date ne soit avancée pour situer cette
échéance, si l'on considère constant l'accroissement de trafic total constaté durant
les trois dernières années (+36 %), la saturation de la plate-forme pourrait être
atteinte aux environs de l'an 2002 (cf. planche sur l'évolution du trafic depuis 1988,
chapitre III,1). A titre comparatif, laéroport dOrly a enregistré en 1996 un
trafic de 239 000 mouvements; un avion toutes les 50 secondes.
Ü Dans cette hypothèse on peut
s'interroger sur l'étude engagée par la Chambre de Commerce et de l'Industrie sur
l'avenir de l'aéroport qui prévoit 12 à 15 millions de passagers en 2015. C'est 200 à
300% de plus que le nombre de passagers actuellement traités sur la plate-forme tandis
que le nombre de mouvements d'avions ne peut augmenter que de 40% !
De plus, à ce trafic chiffré en terme de mouvements s'ajoutent lors
des périodes de pointe, les avions en vol dans le circuit d'attente qui accentuent la
gêne sonore.
3 - CREATION
D'UN SECOND AEROPORT
M. le Maire de Toulouse insiste sur la vocation industrielle et
commerciale de Toulouse en matière aéronautique et demande que soit décidée la
création d'un second aéroport. (cf. Délibération du Conseil Municipal de Toulouse -
Séance du 31 octobre 97).
On observe que tous ceux (collectivités locales, associations...), qui
de près ou de loin ont a subir la gêne sonore réclament la création d'un second site
aéroportuaire, d'un Roissy toulousain en quelque sorte.
En 1995, pas moins de huit sites avaient été retenus: Verdun et
Montech dans le Tarn et-Garonne, Rabastens dans le Tarn, Fronton et Vacquiers dans le nord
de la Haute-Garonne, Carbone, Cintegabelle et Mazère dans le Muretain. Depuis, pour
couper court à toute contestation possible, l'étude concernant le choix d'un site
sest poursuivie sans quaucune information ne filtre avec toutefois une forte
probabilité d'implantation au nord de la Haute-Garonne. Rien n'est donc officiellement
décidé aujourd'hui, mais selon les déclarations de Monsieur le Préfet, lors de la
réunion du 25.05.98, lidée de construction dun second aéroport situé dans
un rayon de 30 km à 40 km autour de lagglomération se précise. Le
préfet est à présent habilité par le ministre de léquipement pour reprendre le
dossier ; aussi, il envisage de créer une sorte dobservatoire pour étudier cette
implantation et souhaite la collaboration de certaines associations. LAdéa
sest portée candidate.
Selon l'avis de beaucoup, la réalisation d'un second aéroport
nécessite un minimum de 10 à 15 ans. Dans le meilleur des cas il ne pourrait être
opérationnel qu'aux environs de 2010. Le journal "La Dépêche du Midi" du 1er
novembre 1997 situe cette échéance en 2020 voire 2030 ! Toutefois selon lavis
de Monsieur le Maire de Toulouse, 7 ans suffiraient à la construction dun nouvel
aéroport.
Ü Que va t-il se passer entre la
saturation probable de l'aéroport actuel en 2002 et l'éventuelle mise en service d'un
second aéroport au plus tôt en 2010 ?
4 - EVOLUTION
de la compagnie LOCALE air toulouse
La compagnie aérienne dirigée par M. Hersen, Air Toulouse, implantée
à Toulouse développe une stratégie commerciale axée essentiellement sur les vols
charter. Elle commercialise quatre lignes régulières; Marseille-Toulouse, Lyon-Toulouse,
Lourdes-Roissy et Toulouse-Lisbonne auquel sajoutent des vols ponctuels sur des
événements sportifs par exemple ainsi que des vols assurés pour dautres
compagnies comme Air France par exemple.
Au total, pour lannée 1997, la compagnie toulousaine a
transporté environ un million de passagers et réalisé un chiffre daffaire de
340 MF. En été, période dactivité accrue, elle emploie 197 personnes dont
180 navigants. Pour 1998, elle prévoit demployer 250 personnes et compte sur un
chiffre daffaire de 420 MF ( 56 % daugmentation). Avec 1505
mouvements opérés durant lannée 1997 le trafic de cette compagnie représente
1,6 % du trafic total de la plate-forme de Toulous-Blagnac.
Ce succès commercial, nest pas seulement dû à la stratégie
commerciale de son président François Hersen qui outre lexploitation de lignes
régulières, sengage de plus en plus vers le transport à la demande; il résulte
pour une large part de la vétusté de la flotte dAir Toulouse. Les 6 Boeing
737-200, (7 en été) utilisés par la compagnie sont des avions bruyants dancienne
génération, largement éprouvés, dont les coûts dexploitation sont faibles.
Ces appareils, classés au chapitre II en raison de leur bruyants
réacteurs JT8, doivent être à terme interdits en Europe (ils sont déjà frappés
dinterdiction sur certains terrains). Pour obvier à ce risque et se mettre en
accord avec la législation sur les nuisances sonores, le transporteur envisage non pas de
renouveler sa flotte mais simplement de greffer sur ses vieux appareils des
silencieux de type hushkit. Lobjectif de ce « rétrofit » étant de les
faire durer le plus longtemps possible pour maintenir un faible coût dexploitation.
Trois appareils seront « hushkité » fin 1998 et le reste de la flotte fin
1999. Le coût de lopération est de 1.2 M$ par hushkit.
La réduction de bruit apportée par ces silencieux est comprise entre
4 et 10 dB selon la manoeuvre de lappareil et le point de mesure. On peut
toutefois sinterroger sur lefficacité de quelques dB de ces silencieux
comparés aux avions modernes de groupe acoustique 5 et craindre de supporter encore
longtemps des appareils trop bruyants.
A terme, dici une dizaine dannées, la compagnie envisage
en remplacement de sa flotte, lacquisition de Boeing 737-300.
5 - EVOLUTION
GENERALE DU TRANSPORT AERIEN
5.1 Prise en
compte des aspects environnementaux
Avec un développement du trafic aérien toujours en pleine
expansion, on assiste aujourdhui à une remise en cause du monde aéronautique. Le
nombre des personnes qui se plaignent du bruit des avions ne cesse daugmenter même
là où les « mesures » montrent que le niveau de bruit cumulé diminue. A
lémerveillement suscité jadis par la technologie aéronautique succède à
présent langoisse davoir oublié de penser tout simplement aux hommes. Le
bruit, la pollution atmosphérique et les nombreuses perturbations induites, à la fois
sur la santé et le cadre de vie, sont le lourd tribut à payer au transport aérien.
Au-delà des enjeux économiques, lavenir aéronautique passe
aussi par une prise en compte des aspects environnementaux. Son évolution future doit
à la fois intégrer les solutions technologiques et les procédures de vol visant à
réduire les nuisances.
Pour ce qui concerne les solutions technologiques, ce sont les
motoristes qui sont les premiers concernés. Leur effort doit être principalement dirigé
vers le développement de turboréacteurs moins bruyants et moins polluants. Quant aux
procédures de vol, elles passent par la mise en oeuvre effective dune
réglementation internationale.
Sous la pression des riverains daéroports et de leurs
associations représentatives, on observe quelques minimes évolutions en faveur de
lenvironnement. Mais lessentiel reste encore à faire...
5.2 Evolution des systèmes de navigation
Il semble très probable quau cours des prochaines années,
le système GPS vienne remplacer les systèmes traditionnels de navigation utilisant des
balises de type VOR ou DME. Dans cette perspective, la balise TOU VOR-DME dAussonne
pourrait être déplacée beaucoup plus loin dans laxe ou tout simplement
supprimée.
5.3 Evolutions
des autres moyens de transport
Certains pensent que la concurrence du TGV sur la ligne
Toulouse/Bordeaux/Paris va fortement peser sur les enjeux économiques et prédisent une
réduction sensible du trafic aérien sur cette ligne. Cet argumentaire, surtout destiné
à faire patienter les associations de riverains, est loin dêtre vérifié. Les
avantages du transport aérien en terme déconomie de temps et de coût réduit pour
des liaisons directes comme Paris-Toulouse, la mobilité des populations,
laugmentation dune clientèle daffaire sont autant de facteurs
favorables au développement du trafic aérien par rapport à ceux du « sol »
(routier et ferroviaire).
5.4 Evolution
de la réglementation
L'industrie aéronautique a été l'une des première à disposer
d'une réglementation internationale sur le bruit. L'annexe XVI à la Convention de
Chicago sur l'aviation civile qui définit les règles de certification acoustique des
aéronefs a, en effet, été adoptée par les États membres le 2 avril 1971. Cette
réglementation, qui a été régulièrement adaptée aux nouveaux progrès techniques,
est transposée en droit français sous la forme du certificat de limitation de nuisance
dont doit être doté tout avion pour avoir le droit de voler. Elle est utilisée, de
plus. pour définir certaines règles d'exploitation comme les contraintes qui visent les
avions les plus bruyants du chapitre II.
Enfin, elle sert à définir l'assiette de la taxe bruit et à calculer
les redevances d'atterrissage qui sont modulées en fonction du bruit des avions. Ceci
devrait inciter les constructeurs à engager des programmes de recherche et de
développement pour faire des avions moins bruyants et les compagnies aériennes à
renouveler leurs flottes plus vite que ne l'imposeraient les conséquences du
vieillissement des appareils. Toutefois, si aucun dispositif de pénalité et
dinterdiction de vol naccompagne la règlementation, de nombreuses compagnies,
soucieuses de limiter leurs coûts de production, préfèreront conserver longtemps leurs
vieille flotte plutôt que dinvestir dans sa modernisation.
Un renforcement des actions menées pour continuer à réduire ce bruit
apparaît indispensable dans nos pays européens pour que le développement du transport
aérien soit très largement accepté.
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