ASSOCIATION de DEFENSE de

l'ENVIRONNEMENT d'AUSSONNE

 

 


commission bruit aérien


ENQUETE SUR

LA GENE AERIENNE A

AUSSONNE

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- édité le 12 mars 1998 par l’association Adea -

Chemin de l’Enseigure cidex 3501

31840 AUSSONNE

SOMMAIRE

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1 - CONDITIONS DE L’ENQUETE

1.1 Questionnaire

1.2 Réponses

1.3 Validité des résultats

2 - EVALUATION DU NIVEAU DE GÊNE SONORE

3 - EVALUATION DU TYPE DE GENE

3.1 Méthode d’analyse

3.2 La gêne au décollage

3.3 La gêne à l’atterrissage

3.4 La gêne lors des virages et des manoeuvres

3.5 La gêne liée aux vols de nuit

3.6 Comparaison des différents types de gêne

3.7 Indice de gênes cumulées

4 - EVOLUTION DU TRAFIC DEPUIS 3 ANS

5 - LES NOUVEAUX ITINERAIRES OU TRAJECTOIRES DE VOL

6 - AUTRES REMARQUES ENREGISTREES

8 - INDICATION GRAPHIQUE DES TRAJECTOIRES

9 - CONCLUSIONS DE L’ENQUÊTE

- Questionnaire d’enquête : Annexe 1

- Trajectoires de décollage : Annexe 2

- Trajectoires d’atterrissage : Annexe 3

 


 

 

1 - CONDItions de l’enquête

1.1 Questionnaire

Afin de compléter et d'élargir la base de données recueillie à partir de relevés de mesures de bruit sur Aussonne et d'évaluer la gêne réellement ressentie par les riverains de l’aéroport Toulouse-Blagnac, l’Adea a engagé une enquête publique sur l'ensemble de la commune d'Aussonne.

Le but de cette enquête était d’évaluer de la façon la plus objective possible la gêne réelle des Aussonnais face à l’activité de l ’aéroport et d’en établir le périmètre géographique. Ce document est uniquement le reflet des réponses exprimées lors de l’enquête.

Le questionnaire d’enquête (cf. annexe 1), a été envoyé le mardi 17 février 1998 à chacun de 1600 foyers aussonnais. Il devait être renvoyé par la poste au siège social de l’Adea ou déposé dans une urne au magasin CHAMPION à Aussonne avant la date de la conférence sur le bruit aérien à Aussonne du 26 février.

Ce questionnaire nominatif comportait deux volets.

- au recto, des cases à cocher pour évaluer:

le niveau sonore,

la gêne ressentie,

le trafic,

les nouveaux itinéraires ou trajectoires de vol,

- une demande de comptage précis des avions,

- une rubrique pour les remarques et suggestions.

- au verso, une carte d’Aussonne à compléter en indiquant les trajectoires observées au décollage et à l’atterrissage.

1.2 Réponses

Malgré un délai de réponse court égal à 9 jours, 161 foyers ont répondu à l’enquête (plus de 10 % de la population) ; 60 % des réponses par la poste et 40 % par dépôts dans l’urne. Bien que l’étude de cas était limitée à Aussonne, 7 réponses spontanées provenant des communes limitrophes de Merville et Mondonville ont été envoyées. Il est vrai que le bruit aérien ignore les frontières communales!

A plus de 90 % les questionnaires ont été complètement renseignés. Les 10 % non renseignés concernent le point 4 relatif aux nouveaux itinéraires de vols ainsi que l’indication graphique des trajectoires (difficultés pour certaines personnes à se repérer sur un plan).

L’espace réservé aux remarques et suggestions a été abondamment utilisé par près de 90 % des personnes. En outre, beaucoup ont annoté la rubrique relative à l’évolution du trafic pour insister sur la gêne intense ressentie en période estivale. D’autres étaient accompagnées d’un relevé de comptage des avions.

 

1.3 Validité des résultats

Compte-tenu du nombre de réponses renvoyées, on peut estimer que le taux de confiance est au moins égal à 95 % dans les résultats obtenus en leur affectant une erreur qui est toujours inférieure à 8 %.

Exemple : Quand 80 % des personnes qui ont répondu sont gênées, le pourcentage vrai si toute la population concernée avait répondue serait de 72 à 88 % de personnes effectivement gênées.

2 - EVALUATION DU NIVEAU DE GÊNE SONORE

Le niveau de gêne sonore lors du passage d’un avion a été évalué en prenant comme référence celui d’une conversation à l’extérieur et à l’intérieur des habitations.

 

A l’intérieur, c’est 80 % des personnes qui ressentent les nuisances sonores aériennes avec 48 % qui sont gênées dans leur conversation et 32 % qui sont obligées de l’interrompre.

Il convient de noter que l’isolation phonique apportée par le double vitrage qui équipe, selon l’enquête, 34 % des logements est loin d’être suffisant pour supprimer la gêne à l’intérieur. Nombreux sont les riverains qui sont obligés de monter le niveau sonore de leur téléviseur à chaque passage d’avion.

A l’extérieur, le niveau sonore est toujours supérieur à celui de la conversation et pour 90 % de personnes celle-ci devient impossible à poursuivre.

Beaucoup de personnes se plaignent de certains avions particulièrement bruyants pour lesquels ils demandent leur retrait immédiat des flottes. Sont principalement incriminés des Boeing 737 de British Airways, MD83 d’Air Liberté, des Fokker 28 ainsi que les compagnies d’Air Liberté, TAT et Air Toulouse qui emploient ce type d’avion. Nombreux sont ceux qui souhaitent voir appliquer des sanctions pour les avions bruyants.

3 - evaluation du type de gêne

3.1 Méthode d’analyse

En raison de l’importante dispersion des trajectoires entre les décollages, atterrissages, virages, manoeuvres et vols de nuit et des lieux d’habitation différents des riverains, une analyse spécifique à chacune de ces phases de vol a été réalisée.

Bien que toutes les personnes ayant répondu à l’enquête subissent à différents degrés la gêne sonore, celle-ci varie d’une phase de vol à une autre. Les graphiques suivants présentent le détail de chacune d’entre elles. Toutefois la gêne réellement ressentie est la somme ou le cumul de chacune de ces gênes partielles. Ceux qui par exemple ont répondu qu’ils n’étaient pas gênés par les atterrissage peuvent éprouver une gêne moyenne ou forte sur d’autres phases de vol. Il ne faut donc confondre l’analyse de la gêne par phase de vol avec la gêne cumulée.

3.2 La gêne au décollage

La gêne sonore au décollage touche environ 90 % de la population avec 32 % des personnes qui ressentent une gêne moyenne et 58 % qui éprouvent une forte gêne.

Il s’agit notamment des foyers situés sur les trajectoires de décollages dans l’axe des pistes et ceux situés dans l’espace compris entre l’Enseigure et le bourg.

3.3 La gêne à l’atterrissage

Plus de 90 % des personnes sont gênées par les atterrissages. Parmi elles, 37 % ressentent une gêne moyenne tandis que 54 % ressentent une gêne forte. Les principales habitations concernées sont celles situées dans l’axe des pistes et celles situées entre cet axe et le bourg.

3.4 La gêne lors des virages et des manoeuvres

Cette évaluation caractérise la gêne ressentie à la fois lors des virages à droite effectués par les avions immédiatement après décollage, ainsi que les manoeuvres liées à l’activité constructeur (vols d’essai et d’entraînement). On constate que cette gêne touche 85 % des personnes avec 29 % qui éprouvent une gêne moyenne et 56 % une forte gêne.

Pour les virages immédiatement après décollages, la population concernée est principalement celle située de l’Enseigure au bourg. Beaucoup se plaignent du bruit excessif des appareils dans cette phase de vol et du non-respect du couloir aérien (axe des pistes).

Pour les vols constructeurs on observe une gêne forte sur l’ensemble de la commune. Beaucoup se plaignent des vols d’essais Airbus souvent à très basse altitude et de leurs passages incessants au-dessus des habitations. Lors des essais, les avions tournent des dizaines de fois au-dessus de nos maisons à très basse altitude, se plaint Monsieur D.M.

De nombreuses personnes demandent que les vols d’essai et d’entraînement soient faits ailleurs.

3.5 La gêne liée aux vols de nuit

La gêne liée aux vols de nuit touche 88 % des personnes avec 58 % qui ressentent une gêne moyenne et 30 % une gêne forte. Bien que le nombre de mouvements effectués de nuit soit relativement faible, une vingtaine en moyenne, le bruit aérien nocturne est perçu par certains comme une véritable atteinte à leur droit au sommeil.

De nombreuses remarques ont été faites concernant les avions bruyants ainsi que l’exigence à les voir définitivement retirés des flottes. Beaucoup se plaignent des tranches horaires 21-22 h et 6-8 h, qui correspondent à une recrudescence du trafic. En outre, une forte augmentation des vols de nuit a été constatée durant l’été 97.

3.6 Comparaison des différents types de gêne

Le graphique ci-dessous présente de façon synthétique la gêne comparée des différentes phases de vol. Globalement, les décollages, atterrissages et manoeuvres produisent une gêne sensiblement comparable qui affecte environ 90 % de la population (35 % de gêne moyenne et 55 % de gêne forte).

compgen.gif (20658 bytes)

Pour les vols de nuit la gêne globale est aussi de 90 % mais la répartition est inversée (55 % de gêne moyenne et 35 % de gêne forte). On observe moins de dispersion sur les trajectoires nocturnes que sur les trajectoires diurnes, d’ou cette différence. Contrairement aux idées reçues, et compte tenu des trajectoires actuelles la gêne sonore se répartit à égalité au décollage et à l’atterrissage.

3.7 Indice de gênes cumulées

Après avoir analysé l’impact de gêne pour chaque phase de vol, il est nécessaire d’évaluer l’impact de la gêne globale ressentie par chaque riverain.

Cet indice de gêne global traduit le cumul des gênes partielles relevées pour chaque phase de vol (décollage, atterrissage, manoeuvres et vols de nuit). Il a pour objectif de quantifier, pour chaque foyer ayant répondu à l’enquête, la gêne globale ressentie à partir des réponses précédentes.

L’échelle de cet indice de gêne est établie à partir des coefficients suivants :

pas de gêne --> 0, gêne moyenne --> 1, gêne forte --> 2

L’échelle varie donc de 0 (lorsqu’il n’y a aucune gêne) à 8 (lorsque la gêne est forte pour chacune des quatre phases - 4 x 2 -).

Exemple : un riverain peut ressentir pour chacune des phases de vol la gêne suivante :

            - forte gêne au décollage = 2                  - gêne moyenne à l’atterrissage= 1

            - gêne forte la nuit= 2                              - pas de gêne lors des manoeuvres = 0

Ainsi, selon cette échelle, la gêne globale ressentie sera la somme des gênes partielles:   2 + 1 + 0 + 2 = 5

C’est à partir de cet indice de gênes cumulées qu’a été établie, en reliant les points d’indice égal, la carte ci-dessous qui traduit le niveau de gêne sonore ressentie par les habitants d’Aussonne.

La gêne très forte correspond à un indice compris entre 6 et 8 c’est à dire le cumul d’au moins 3 gênes fortes partielles.

La gêne forte correspond à un indice compris entre 4 et 5 c’est à dire le cumul d’au moins 2 gênes fortes partielles.

La gêne soutenue correspond à un indice compris entre 2 et 3 c’est à dire au moins 1 gêne forte partielle.

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4 - EVOLUTION DU TRAFIC DEPUIS 3 ans

Afin de mieux appréhender la perception des riverains face à l’augmentation de l’activité de l’aéroport, il leur a été demandé d’évaluer en terme de pourcentage l’évolution récente du trafic.

L’augmentation moyenne du trafic aérien ressenti par la population depuis trois ans est de 46 %.

Comparée aux chiffres officiels qui indiquent pour cette même période un accroissement du trafic total de 36 % il est intéressant de noter que l’observation de la population sur cette évolution est tout à fait pertinente. En effet, l’écart entre les chiffres réels et la perception des riverains sur le trafic total est seulement de 10 %. Une analyse plus fine qui distinguerait l’aviation commerciale et celle liée à l’activité constructeur tendrait encore à réduire cet écart.

L’ouverture de nouvelles lignes et la mise en place de la navette sont souvent citées par les riverains comme une des causes de l’accroissement du trafic.

Concernant les périodes journalières d’intensification du trafic où la gêne est particulièrement éprouvante, les riverains indiquent les plages horaires suivantes :

- les jours de semaine en général 6 - 9 h et 17 h 30 - 22 h 30,

- le vendredi de 15 h à 23 h.

 

De nombreuses personnes se plaignent de l’accroissement excessif du trafic en période estivale, et l’attribuent à l’ouverture saisonnière de nouvelles lignes et à des vols charters.

5 - LES NOUVEAUX ITINERAIRES OU TRAJECTOIRES DE VOL

Pour environ 40 % de la population les trajectoires de décollages et d’atterrissages ont été modifiées. Pour ce qui concerne les vols de jour et de nuit, c’est respectivement 55 % et 30 % des personnes qui constatent de nouvelles trajectoires. Ces réponses témoignent du non-respect des trajectoires officiellement inscrites dans les procédures.

 

Certaines parties situées à l’est du territoire communal jusqu’ici préservées des nuisances aériennes sont aujourd’hui fortement touchées par la dispersion des trajectoires notamment au décollage. Les avions ne passent pas à la verticale de la balise VOR-DME et n’amorcent pas le virage à partir de celle-ci écrit Monsieur D. C..

 

De nombreux témoignages insistent sur le fait que les avions volent beaucoup trop bas. Les riverains situés dans l’axe des pistes considèrent que les avions ne respectent pas la hauteur normale d’approche et voudraient leur voir appliquer des pénalités.

Lors du passage des avions à faible hauteur, beaucoup de personnes constatent de fortes vibrations dans leurs habitations au niveau des huisseries de portes et de fenêtres et même des radiateurs. Dans certains cas il y a des déplacements de tuiles ce qui implique un remaniement régulier de la toiture.

6 - autres remarques enregistrées

Outre les remarques et réclamations précédentes, d’autres problèmes ont été évoqués par les riverains.

- Pollution atmosphérique: problème des retombées (dans certains cas le linge ne pouvant être mis à sécher dehors) et des très fortes odeurs de kérosène, notamment par vent d’autan, qui s’infiltrent dans les maisons même avec les fenêtres fermées.

- Bruits et claquements : plusieurs témoignages confirment l’émission régulière par temps humide de bruit et claquements étranges provenant d’avions de ligne en phase d’atterrissage.

- Indemnisation par l’ADEME: des dossiers déposés depuis 2 ans n’ont pas encore abouti. Certains riverains demandent l’élargissement de la zone d’indemnisation pour améliorer l’isolation phonique des habitations et d’autres refusent la fatalité de cette nuisance et réclament des dispositions de réduction du trafic.

- Dévalorisation du patrimoine immobilier: dans ce contexte de gêne sonore les reventes sont difficiles et se font souvent à perte.

- Impôts locaux: demande de réduction des impôts locaux.

8 - INDICATION GRAPHIQUE DES TRAJECTOIRES

Les annexes 2 et 3 présentent respectivement les trajectoires de décollages et d’atterrissages observées par les riverains.

Elles témoignent notamment pour les décollages d’une très large dispersion des trajectoires. En opérant un virage à droite après décollage, les avions survolent l’ensemble de la commune.

9 - CONCLUSIONS DE L’ENQUÊTE

La forte mobilisation manifestée par la population à cette enquête a été confirmée par sa participation à la conférence publique du 26 février 1998. On constate que les réponses ont été précises et cohérentes, les habitants ne sont pas tombés dans l’excès, ils ont répondu avec mesure. Il suffit de comparer les chiffres d’enquête enregistrés pour l’évolution générale du trafic avec les données officielles pour en être convaincu (seulement 10 % d’écart, cf. § 4).

Parmi les plaintes les plus fréquentes se trouvent celles relatives au non-respect des couloirs aériens et des altitudes de vol.

L’ensemble des témoignages indique l’exaspération des habitants qui déplorent que rien ne soit entrepris par les collectivités pour réduire la gêne sonore.

Non seulement l’enquête précise et confirme les plaintes des habitants mais elle fait aussi apparaître des types de nuisances liées à l’activité de l’aéroport autre que le bruit (pollution, dégradation des maisons ...)

Beaucoup de personnes ont renvoyé le questionnaire avec une lettre d’accompagnement évoquant leurs difficultés de vie engendrées par la nuisance sonore aérienne, certains envisageant même de déménager:

Nous ne pouvons plus vivre dans le jardin, ni profiter de la télévision nous écrit Madame R. M. du Brana d’en Haut.

L’été il est impossible de vivre s’indigne Monsieur B.G..

Il nous est impossible de rester dehors pour manger ou discuter avec des amis, confirme encore Monsieur P.M..

La nuit, il arrive que l’on pense que l’avion va atterrir sur le toit de la maison tellement il passe bas, s’inquiète Monsieur R.C..

L’ensemble des réponses témoigne d’une forte exaspération de la population qui qualifie d’intolérable, d’infernale, d’insupportable, d’abrutissante, d’assourdissante la gêne sonore qu’elle subit.

La commission bruit de l’Adea spécialement mise en place pour traiter le dossier des nuisances sonores poursuit ses objectifs de préservation et de défense de la qualité de vie sur Aussonne en appuyant sa réflexion et ses propositions sur les résultats de cette enquête et remercie tous ceux qui y ont participé.

à Aussonne, le 12 mars 1998

Comité de rédaction : Commission bruit aérien de l’Adea

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2 annexes :

1 - Trajectoires au décollage

ENQDEC.GIF (121050 bytes)

 

2 - Trajectoires à l'atterrissage

enquat.gif (117698 bytes)

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